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VERS UNE GOUVERNANCE MONDIALE RENFORCEE DE LA SANTE

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La pandémie de COVID-19 a mis en évidence le besoin urgent d’améliorer la coordination internationale en matière de prévention et de réponse aux pandémies. Les principales organisations de santé mondiale se sont emparées de cette leçon en signant récemment un plan d’action conjoint pour institutionnaliser l’approche « One Health ».

Ce plan d’action conjoint vise à mieux institutionnaliser et opérationnaliser l’approche « One Health », qui prend en compte les interactions entre la santé humaine, la santé animale et l’environnement. Il favorise la coordination et la collaboration entre ces différentes sphères afin de lutter contre l’émergence et la réémergence des maladies infectieuses qui se produisent à l’interface entre l’humain, les animaux et l’environnement.

Dans le cadre de cette initiative, un article publié dans The Lancet Global Health propose la création d’un Panel intergouvernemental pour une approche « One Health » (IPOH), similaire au Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). L’IPOH regrouperait un réseau mondial de scientifiques chargés de produire des synthèses des connaissances et d’évaluer les pistes d’action. Cette approche multisectorielle permettrait de faciliter l’intégration des connaissances dans l’élaboration des politiques et de soutenir la lutte contre les maladies infectieuses.

Les chercheurs soulignent que la création d’un tel panel élargi aurait plusieurs avantages. Tout d’abord, cela maintiendrait la préparation aux pandémies à l’agenda politique, assurant ainsi une attention constante à cette question cruciale. De plus, cela améliorerait la qualité du débat scientifique en favorisant une approche globale et en rassemblant des experts de différents domaines. Enfin, cela permettrait de mieux représenter les intérêts des pays les plus vulnérables et des populations marginalisées, qui sont souvent les plus touchés par les pandémies.

la démarche « One Health » est en plein essor en Afrique.

Cependant, il est important de noter que la création d’un panel intergouvernemental plus large pourrait également présenter des inconvénients potentiels. Cela pourrait complexifier le système en augmentant le nombre d’acteurs impliqués et les processus de décision. De plus, pour avoir un impact concret, il serait essentiel que les recommandations du panel soient effectivement prises en compte et mises en œuvre par les décideurs politiques.

Les chercheurs recommandent donc de prendre en compte ces avantages et inconvénients lors de la conception de réformes institutionnelles visant à renforcer un système de santé mondial plus efficace. Ils soulignent également l’importance de renforcer la prévention, de renforcer la résilience des systèmes socio-économiques et de promouvoir l’équité entre les populations dans le but de limiter les risques de futures pandémies.

Il convient également de noter que la démarche « One Health » est en plein essor en Afrique. De nombreux pays d’Afrique sub-saharienne adoptent activement cette approche, mettant en place des structures de coordination entre ministères, des plans d’action concrets et des programmes de formation. L’objectif est d’intégrer la santé humaine, animale et environnementale de manière holistique pour mieux faire face aux défis sanitaires. L’Afrique de l’Ouest a adopté une approche régionale, tandis que plusieurs pays d’Afrique de l’Est, tels que l’Éthiopie et le Kenya, sont engagés dans cette démarche depuis une décennie. L’Afrique centrale et australe suivent également le mouvement.

Dans ces efforts, les universités nationales jouent un rôle clé en formant les cadres de la santé à la démarche « One Health » et en partageant les expériences et les avancées réalisées dans ce domaine. L’objectif ultime est de renforcer la collaboration et la coopération entre les différents acteurs dans le but de prévenir les futures pandémies et de protéger.

Alice Epoupa

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