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TRANSPORT DU CACAO ENTRE KUMBA ET MAMFE: LE PARI RISQUE DU PREFET DE LA MEME

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La décision du préfet de la Meme, Ntou’ou Ndong Chamberlin, d’interdire la circulation des véhicules transportant les fèves de cacao entre Kumba et Mamfé sans escorte des forces de défense soulève de nombreuses critiques.

Cette mesure, prise dans le but affiché de lutter contre le financement des séparatistes ambazoniens, risque selon de nombreux acteurs de la filière cacao d’avoir l’effet inverse et de porter préjudice à l’économie locale.

En effet, le préfet reconnaît que le trafic de cacao est une source importante de revenus pour les séparatistes, qui extorquent jusqu’à 500 000 FCFA aux transporteurs pour chaque passage. En escortant désormais les camions, le gouvernement entend donc tarir cette manne financière. Cependant, les chauffeurs craignent qu’une telle escorte ne fasse d’eux des cibles prioritaires pour les combattants ambazoniens. Circuler ouvertement sous la protection de l’armée équivaudrait à un étiquetage comme « jambe noire », les exposant à des représailles futures.

zone de guerre dans la meme

Par ailleurs, les nombreux négociants de la filière déplorent que les inévitables retards causés par l’attente des escortes militaires ne compromettent la qualité et la valeur du cacao, produit périssable s’il n’est pas rapidement acheminé vers les centres de traitement. Au-delà des pertes économiques que cela impliquerait, certains craignent que cette décision ne déstabilise durablement le commerce du cacao dans toute la région du Sud-Ouest.

Alors que le gouvernement a par ailleurs interdit les exportations vers le Nigeria, ce nouvel obstacle risque d’aggraver la crise que traverse déjà la filière. Si le préfet entend lutter contre le financement des séparatistes, sa décision soulève de nombreuses interrogations quant à son efficacité réelle et à ses conséquences sur une économie locale déjà fragilisée par le conflit.

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