Douala, Cameroun
Eau et hydraulique Eco-entreprises

Quand l’UNESCO tente de sauver la face du gouvernement camerounais

L’atelier de Mbankomo des 16-18 septembre 2025 restera dans les annales comme une mascarade diplomatique de plus. Pendant que 12 millions de Camerounais continuent de puiser leur eau dans des sources contaminées, ministères et organisations internationales se sont réunis à l’United Hôtel pour valider une énième « feuille de route commune » censée révolutionner la gestion de l’eau au Cameroun.

Cette grand-messe organisée par l’UNESCO et l’association Water for Life Cameroon arrive à point nommé pour redorer le blason d’un gouvernement dont l’incurie dans le secteur hydrique défraie la chronique internationale. Avec seulement 54% de taux de desserte malgré des ressources exceptionnelles, le Cameroun fait figure de cancre parmi les pays d’Afrique centrale, une situation qui embarrasse ses partenaires au développement.

Laymond Nwehla, responsable nationale de programme à l’UNESCO, habille cette opération de sauvetage d’un discours lénifiant sur « une gestion durable, équitable et bénéfique de cette ressource vitale ». Mais cette rhétorique ne trompe personne : l’organisation onusienne tente désespérément de pallier les défaillances d’un État qui a transformé l’abondance hydraulique en désastre humanitaire par pur amateurisme.

La fameuse cartographie des experts développée depuis 2021 illustre parfaitement l’ampleur du naufrage institutionnel camerounais. Quarante ans après la création du Ministère de l’Eau, le pays ignore encore qui fait quoi dans son propre secteur hydrique. Cette base de données, présentée comme un outil stratégique révolutionnaire, révèle en réalité que l’administration camerounaise navigue à vue depuis des décennies.

Camwater, l’entreprise publique de distribution d’eau potable, maintient ses performances dérisoires en toute impunité.

Lois Mandack Ayissi, représentant ministériel, s’est contenté d’évoquer prudemment « le document de politique nationale de l’eau qui sera suivi par la déclinaison de la mise en œuvre de la stratégie ». Cette langue de bois bureaucratique traduit l’embarras d’un département ministériel incapable d’expliquer concrètement comment il compte transformer 493,3 milliards de FCFA de budget 2025 en robinets qui coulent pour les populations.

Car les vrais responsables de cette débâcle continuent de briller par leur absence dans ces concertations feutrées. Camwater, l’entreprise publique de distribution d’eau potable, maintient ses performances dérisoires en toute impunité. Ses dirigeants préfèrent les salons climatisés aux quartiers populaires de Douala et Yaoundé où les habitants creusent des puits de fortune pour survivre.

Le Comité National de l’Eau, créé en 1985 pour coordonner les interventions sectorielles, n’a toujours jamais fonctionné. Ses membres fantômes n’ont jamais été nommés, transformant cette instance cruciale en symbole parfait de l’immobilisme camerounais. Mais peu importe : l’UNESCO préfère organiser de nouveaux ateliers plutôt que d’exiger des comptes sur cette aberration administrative.

L’atelier de Mbankomo des 16-18 septembre 2025 restera dans les annales comme une mascarade diplomatique de plus. Pendant que 12 millions de Camerounais continuent de puiser leur eau dans des sources contaminées, ministères et organisations internationales se sont réunis à l’United Hôtel pour valider une énième « feuille de route commune » censée révolutionner la gestion de l’eau au Cameroun.

Cette grand-messe organisée par l’UNESCO et l’association Water for Life Cameroon arrive à point nommé pour redorer le blason d’un gouvernement dont l’incurie dans le secteur hydrique défraie la chronique internationale. Avec seulement 54% de taux de desserte malgré des ressources exceptionnelles, le Cameroun fait figure de cancre parmi les pays d’Afrique centrale, une situation qui embarrasse ses partenaires au développement.

L’UNESCO accompagne le gouvernement camerounais pour une gestion durable, équitable et bénéfique de cette ressource vitale. Cet appui s’inscrit dans le cadre de son mandat scientifique, et plus particulièrement à travers son Programme hydrologique intergouvernemental (PHI)
Laymond NwehlaResponsable nationale de programme…Laymond NwehlaResponsable nationale de programme

Laymond Nwehla, responsable nationale de programme à l’UNESCO, habille cette opération de sauvetage d’un discours lénifiant sur « une gestion durable, équitable et bénéfique de cette ressource vitale ». Mais cette rhétorique ne trompe personne : l’organisation onusienne tente désespérément de pallier les défaillances d’un État qui a transformé l’abondance hydraulique en désastre humanitaire par pur amateurisme.

La fameuse cartographie des experts développée depuis 2021 illustre parfaitement l’ampleur du naufrage institutionnel camerounais. Quarante ans après la création du Ministère de l’Eau, le pays ignore encore qui fait quoi dans son propre secteur hydrique. Cette base de données, présentée comme un outil stratégique révolutionnaire, révèle en réalité que l’administration camerounaise navigue à vue depuis des décennies.

Lois Mandack Ayissi, représentant ministériel, s’est contenté d’évoquer prudemment « le document de politique nationale de l’eau qui sera suivi par la déclinaison de la mise en œuvre de la stratégie ». Cette langue de bois bureaucratique traduit l’embarras d’un département ministériel incapable d’expliquer concrètement comment il compte transformer 493,3 milliards de FCFA de budget 2025 en robinets qui coulent pour les populations.

Car les vrais responsables de cette débâcle continuent de briller par leur absence dans ces concertations feutrées. Camwater, l’entreprise publique de distribution d’eau potable, maintient ses performances dérisoires en toute impunité. Ses dirigeants préfèrent les salons climatisés aux quartiers populaires de Douala et Yaoundé où les habitants creusent des puits de fortune pour survivre.

Le Comité National de l’Eau, créé en 1985 pour coordonner les interventions sectorielles, n’a toujours jamais fonctionné. Ses membres fantômes n’ont jamais été nommés, transformant cette instance cruciale en symbole parfait de l’immobilisme camerounais. Mais peu importe : l’UNESCO préfère organiser de nouveaux ateliers plutôt que d’exiger des comptes sur cette aberration administrative.

Les objectifs 2030 fixés dans la Stratégie nationale de développement – 77% d’accès à l’eau potable et 56% à l’assainissement en milieu rural – relèvent désormais de la science-fiction. Avec un taux de progression de 2% en deux ans, le Cameroun n’atteindra ces cibles qu’en 2080 au rythme actuel. Mais qu’importe : les consultants internationaux continueront d’organiser des ateliers de validation pour justifier leurs missions lucratives.

Cette comédie institutionnelle se joue pendant que les vraies victimes de cette gestion calamiteuse paient le prix fort. Les maladies hydriques déciment les enfants des quartiers précaires, les femmes parcourent des kilomètres pour trouver de l’eau potable, et les inondations détruisent régulièrement Douala faute d’infrastructures de drainage décentes.

L’atelier de Mbankomo aura au moins eu le mérite de réunir tous les acteurs du secteur autour d’une table. Reste maintenant à savoir si cette « gouvernance inclusive » tant vantée résistera au retour dans leurs bureaux climatisés. Les populations camerounaises, elles, continueront d’attendre que leurs robinets se transforment en mirages bureaucratiques.

La Banque mondiale peut bien approuver des programmes de 950 millions de dollars, l’UNESCO peut multiplier les cartographies d’experts et les feuilles de route : tant que la volonté politique restera aux abonnés absents, l’eau camerounaise coulera partout sauf dans les foyers qui en ont besoin.. Avec un taux de progression de 2% en deux ans, le Cameroun n’atteindra ces cibles qu’en 2080 au rythme actuel. Mais qu’importe : les consultants internationaux continueront d’organiser des ateliers de validation pour justifier leurs missions lucratives.

Cette comédie institutionnelle se joue pendant que les vraies victimes de cette gestion calamiteuse paient le prix fort. Les maladies hydriques déciment les enfants des quartiers précaires, les femmes parcourent des kilomètres pour trouver de l’eau potable, et les inondations détruisent régulièrement Douala faute d’infrastructures de drainage décentes.

L’atelier de Mbankomo aura au moins eu le mérite de réunir tous les acteurs du secteur autour d’une table. Reste maintenant à savoir si cette « gouvernance inclusive » tant vantée résistera au retour dans leurs bureaux climatisés. Les populations camerounaises, elles, continueront d’attendre que leurs robinets se transforment en mirages bureaucratiques.

La Banque mondiale peut bien approuver des programmes de 950 millions de dollars, l’UNESCO peut multiplier les cartographies d’experts et les feuilles de route : tant que la volonté politique restera aux abonnés absents, l’eau camerounaise coulera partout sauf dans les foyers qui en ont besoin.

Patrice Moth

Patrice Moth
+ posts

Laisser un retour à ce sujet

  • Quality
  • Price
  • Service

POUR

+
Ajouter un champ

CONTRE

+
Ajouter un champ