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PRESERVER LES ARBRES POUR PERENNISER LA FILIERE CACAO: LA LEÇON DES PRODUCTEURS CAMEROUNAIS

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Une quarantaine de producteurs de cacao de l’arrondissement de Bana dans le département du Haut-Nkam ont bénéficié d’une formation sur la notion de durabilité en cacaoculture et les risques liés à la déforestation.

Cette séance de sensibilisation organisée le 9 février 2024 par l’ONG Services d’appui à la protection de l’environnement et au développement (Saped) visait à éduquer les producteurs sur l’importance de préserver le couvert forestier dans leurs plantations.

Selon M. Daniel Ellom, ingénieur agronome et formateur associé à Rainforest Alliance, « cette formation est importante pour les producteurs afin qu’ils adoptent des pratiques plus durables, mais aussi pour protéger le paysage forestier de la région qui a déjà beaucoup souffert de la déforestation« . La séance a permis d’expliquer aux participants les notions de déforestation, ses causes et conséquences, et de leur présenter des alternatives comme l’agroforesterie.

Mme Jeanne d’Arc Tchangoue, productrice de cacao, s’est dit satisfaite d’avoir appris « à mettre plus d’ombrage dans les champs, à planter des légumineuses comme Inga edulis et à utiliser des fertilisants bio« . Elle a déjà planté 25 plants d’Inga et encourage les autres femmes à s’intéresser à la filière cacao.

L’agroforesterie apparait comme une solution durable face à la pression sur les ressources forestières. Elle permet de diversifier les cultures et revenus tout en préservant les écosystèmes. Une pépinière de 20 000 plants de cacao et 1200 plants d’arbres forestiers a été mise en place dans le village par Saped, avec le soutien de Rainforest Alliance, pour encourager les producteurs à adopter ces nouvelles pratiques plus respectueuses de l’environnement.

Le préfet du département du Haut-Nkam, M. Jacques Ngoumou, s’est félicité de cette initiative qui promeut « une cacaoculture durable et la protection de notre patrimoine forestier, gage d’un avenir meilleur pour nos enfants« . Il a exhorté les producteurs à s’approprier ces nouvelles techniques afin de préserver leur source de revenus à long terme.

agroforesterie

Cette formation s’inscrit dans le cadre du projet « Promotion d’une agriculture durable dans le bassin du Congo », financé par le Fonds français pour l’environnement mondial (FFEM) et mis en œuvre par Rainforest Alliance au Cameroun, en République du Congo et en République centrafricaine. L’objectif est de réduire la pression sur les forêts tout en améliorant les conditions de vie des populations locales grâce à des pratiques agricoles plus respectueuses de l’environnement.

Il faut rappeler que malgré une prise de conscience progressive de la valeur des arbres et des forêts depuis les années 2010, la déforestation continue à sévir. Les forêts tropicales sont les principales victimes de la déforestation. L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) révélait en 2020 que, chaque année, 10 millions d’hectares de forêts disparaissent. Ce qui représente environ 2400 arbres abattus chaque minute. La déforestation a également une lourde responsabilité dans les changements climatiques. La déforestation et la dégradation des forêts causent 15 à 17% des émissions mondiales de gaz à effet de serre et entraînent les dérèglements climatiques que subit de plein fouet la nature.

 Felix yetoth

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