Douala, Cameroun
Climat Réchauffement climatique

Le Feicom lance un dispositif de financement pour les collectivités face aux inondations

Face à l’urgence climatique qui frappe de plein fouet les collectivités camerounaises, le Fonds spécial d’équipement et d’intervention intercommunale (Feicom) déploie un nouveau mécanisme de solidarité. Un appel à projets vient d’être lancé à destination des collectivités territoriales décentralisées (CTD) touchées par les inondations ces cinq dernières années, avec des enveloppes pouvant atteindre 500 millions FCFA.

« On souhaite que la finance climatique arrive au niveau où elle est le plus nécessaire, c’est-à-dire au niveau local », souligne Lucy Lavirotte, spécialiste en adaptation au changement climatique. « Ce sont les municipalités qui connaissent mieux que quiconque les besoins et les aléas climatiques qui impactent leurs communautés.« 

Les collectivités intéressées ont jusqu’au 20 avril 2025 pour soumettre leurs propositions. Les projets devront répondre à un besoin clairement identifié en lien avec la gestion ou la réduction du risque d’inondation, tout en garantissant la protection des populations et des infrastructures locales. L’implication des acteurs locaux dans la conception et la mise en œuvre est une condition sine qua non pour l’obtention de ces financements.

Le dispositif prévoit une participation de 15% à la charge des collectivités, les 85% restants étant couverts par une contribution de solidarité via le « Guichet climat » créé en novembre 2024. Les communes et communautés urbaines peuvent prétendre à des financements jusqu’à 300 millions FCFA, tandis que les régions peuvent obtenir jusqu’à 500 millions FCFA. Un bonus de 30% est même prévu pour les projets intercommunaux ou interrégionaux, encourageant ainsi la mutualisation des efforts.

Cette initiative s’inscrit dans la continuité des engagements pris par le Feicom lors de la signature de la Convention des maires pour l’Afrique subsaharienne en décembre 2020. Philippe Camille Akoa, directeur général du Feicom, avait alors souligné l’importance de former les élus locaux « sur toutes les questions liées aux changements climatiques, parce que c’est une urgence aujourd’hui« .

Au Cameroun, où les phénomènes climatiques extrêmes s’intensifient, le manque d’infrastructures adaptées accentue la vulnérabilité des populations face aux catastrophes naturelles. Ce programme représente une bouffée d’oxygène pour les collectivités souvent démunies face à l’ampleur des défis climatiques.

À travers cette démarche, le Feicom affirme son rôle de « banque des CTD » et s’engage concrètement aux côtés des collectivités pour construire un avenir plus résilient face aux défis climatiques qui s’annoncent.

Cyprien Onana

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