Le Cameroun se prépare à une avancée significative dans la gestion et la valorisation de ses ressources naturelles en organisant son premier forum national sur les ressources génétiques les 16 et 17 janvier 2025. Sous l’égide du ministère de l’Environnement, de la Protection de la Nature et du Développement Durable (Minepded), cet événement a pour objectif de promouvoir la conservation, le partage équitable des avantages, le développement économique, la recherche, l’innovation et la protection des connaissances traditionnelles associées.
Les ressources génétiques, qui englobent les plantes, les animaux et les micro-organismes, sont au cœur de nombreuses activités essentielles. Elles jouent un rôle primordial dans la conservation de la biodiversité, le développement agricole, la recherche scientifique, ainsi que dans la préservation des écosystèmes et des cultures locales. Leur gestion durable s’impose comme une condition essentielle pour assurer un avenir prospère et résilient.
Ce forum mobilise un large éventail d’acteurs, incluant chercheurs, entreprises de bio-commerce et organisations communautaires. Les débats porteront sur des enjeux cruciaux tels que le soutien aux entreprises du secteur, l’identification des défis et des opportunités, ainsi que l’élaboration de feuilles de route pour la recherche, l’innovation et la commercialisation des ressources génétiques. Ces assises visent à créer une dynamique nationale autour de l’exploitation durable et équitable des ressources naturelles du pays.

Classé au quatrième rang africain pour la richesse de ses ressources génétiques, le Cameroun s’appuie sur des instruments juridiques internationaux comme le Protocole de Nagoya, auquel il a adhéré en 2014 et ratifié en 2016. Ce protocole, troisième pilier de la Convention sur la Diversité Biologique, encadre l’Accès et le Partage équitable des Avantages (APA) issus de l’exploitation des ressources génétiques. En 2021, le Cameroun a renforcé son engagement avec la promulgation de la loi APA, qui fixe les modalités de protection et de valorisation de ces ressources, en intégrant des protocoles bioculturels et un inventaire national des ressources génétiques et des savoirs traditionnels associés.
L’approche adoptée par le Cameroun repose sur la collaboration entre fournisseurs et utilisateurs. Les premiers, en tant qu’États souverains, facilitent l’accès aux ressources tout en impliquant les communautés autochtones pour garantir la reconnaissance et la préservation des savoirs traditionnels. Les utilisateurs, composés de chercheurs, laboratoires pharmaceutiques, industries agroalimentaires et cosmétiques, doivent respecter un cadre transparent et réglementé pour l’accès et l’exploitation des ressources.
La mise en place d’un point focal APA au Cameroun constitue une autre avancée significative, assurant un processus transparent et fiable pour les parties prenantes. Cette structure garantit que toutes les informations relatives aux autorisations d’accès et aux modalités d’exploitation des ressources sont accessibles et conformes aux standards internationaux.
Le forum national sur les ressources génétiques marque ainsi une étape déterminante pour le Cameroun dans la valorisation de son patrimoine biologique. En combinant conservation, innovation et partage équitable des avantages, le pays s’inscrit résolument dans une dynamique de développement durable tout en consolidant son leadership régional en matière de gestion des ressources naturelles.
Cyril Mempoula

Laisser un retour à ce sujet