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LA RÉSERVE DE DJA EN DANGER : L’ÉTAT CAMEROUNAIS COMPLICE DE SA DESTRUCTION

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« Le Dja n’est plus protégé », s’insurge un habitant baka, excédé par l’inaction des autorités. Selon le coordinateur de l’ONG Tropical Forest and Rural Development, Epanda Aimé Manfred, « il y a un problème de perception ». Pour les populations, la faune n’est que « viande à manger », explique-t-il, encourageant le braconnage, fléau du parc.

les populations de la reserve de DJA voyent leur ecosystème se degrader

Pourtant, grâce à la réserve, « l’argent du braconnage nourrit des familles« , admet un autochtone. La viande de gorille peut rapporter l’équivalent d’un an de salaire d’un fonctionnaire camerounais! Une tentation pour des braconniers qui opèrent en toute impunité, déplore l’ingénieur forestier Ndu’u Maxwell, auteur de plusieurs articles sur le Dja.

Selon lui, les braconniers utilisent « des armes de guerre » et bénéficient même de « la complicité de certains éco-gardes ». Résultat: sur 5000 à 9000 chimpanzés recensés en 2015, combien restent-il aujourd’hui? Idem pour les 1000 gorilles de montagne estimés en 2018 en Afrique centrale.

Pourtant, l’État ferme les yeux. Plus de 12 000 km2 de concessions minières ont déjà été attribués autour du Dja. Les zones tampons sont rasées, fragilisant le parc. « C’est un danger évident », s’alarme Epanda Aimé Manfred.

Il est encore temps d’agir, mais le temps presse. Les populations et les experts le clament : il faut sauver le Dja! L’État camerounais doit cesser d’être le fossoyeur de ce joyau de la biodiversité. À quand un sursaut pour préserver notre héritage commun? Le Dja mérite mieux que cette omerta coupable.

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