La reconstruction de la route Douala-Bafoussam, un des axes les plus stratégiques du Cameroun, avance enfin vers sa concrétisation. Depuis le 5 octobre 2024, une mission de la Banque Islamique de Développement (BID), dirigée par Alagi Basiru Gaye, responsable des opérations et infrastructures économiques de l’institution, est sur le terrain pour préparer les prochains projets routiers. Ce chantier, attendu depuis des années, symbolise un tournant pour les infrastructures nationales, essentielles au développement socio-économique du pays.
La Route Nationale N°5, reliant Douala, la capitale économique, à Bafoussam, chef-lieu de la région de l’Ouest, est un maillon vital du réseau routier camerounais. Cependant, son état de dégradation avancée en a fait un cauchemar pour les usagers et un frein au développement. Le projet de reconstruction, inscrit dans le programme CMR1037, bénéficie d’un financement stratégique de la BID. Ce programme inclut également d’autres projets majeurs visant à désenclaver les bassins agro-pastoraux : Loum-Yabassi, Bafang-Nkondjock et Loum-Tombel-Kumba.
Pour Emmanuel Nganou Djoumessi, ministre des Travaux Publics (MINTP), cette initiative est une priorité nationale. Lors d’une conférence de presse le 27 septembre 2024, il déclarait : « Le projet sera présenté au Conseil d’administration de la BID dans les prochaines semaines. Nous accélérons la procédure de contractualisation grâce à des actions d’acquisition anticipée déjà validées par ce bailleur. »

La BID renforce son rôle de partenaire clé pour le Cameroun, comme en témoigne la fréquence de ses missions dans le pays. En juillet 2024, l’institution avait déjà évalué le financement de la construction de la route Ngatt-Febadi-Likok, un tronçon de 145 kilomètres dans le corridor Batchenga-Ngaoundéré. Ces efforts s’inscrivent dans une vision globale : structurer un réseau routier intégré pour soutenir la croissance économique.
Alagi Basiru Gaye, à la tête de cette mission, met l’accent sur une planification rigoureuse et une exécution rapide : « Il s’agit de garantir que les infrastructures prévues répondent aux normes internationales, tout en respectant les délais. »
La reconstruction de la route Douala-Bafoussam s’inscrit dans le cadre des projets structurants du triennat 2025-2027. Les autorités camerounaises prévoient d’adopter des stratégies audacieuses pour minimiser les retards et maximiser l’impact socio-économique. Ce chantier constitue une étape majeure vers une meilleure connectivité entre les régions économiques clés du Cameroun.
En parallèle, le projet vise à stimuler les échanges commerciaux, en facilitant le transport des marchandises et des produits agricoles. Pour les populations locales, l’amélioration de cette infrastructure pourrait transformer leur quotidien, en leur offrant un accès plus rapide aux marchés et aux services essentiels.
Un Enjeu National et Régional
Au-delà de l’amélioration de la mobilité, cette initiative s’inscrit dans une dynamique régionale. En désenclavant les zones agro-pastorales et en renforçant les corridors stratégiques, le Cameroun consolide son rôle de carrefour économique en Afrique centrale. La modernisation de ses infrastructures routières est essentielle pour attirer des investissements étrangers, stimuler l’industrialisation et accroître la compétitivité du pays sur le marché continental.
Si les annonces sont porteuses d’espoir, les défis restent nombreux : respect des délais, gestion des coûts, et surtout, garantie d’un travail de qualité. Les habitants, longtemps frustrés par des retards et des promesses non tenues, attendent des résultats concrets. Pour les autorités, il s’agit de prouver que cette fois, l’engagement pris sera honoré.
Le succès de ce projet pourrait marquer le début d’une ère nouvelle pour les infrastructures camerounaises, en insufflant un vent de confiance parmi les citoyens et les investisseurs.
La reconstruction de la route Douala-Bafoussam symbolise un défi monumental, mais également une opportunité historique. Elle pourrait non seulement transformer le quotidien de millions de Camerounais, mais aussi renforcer le rayonnement économique du pays dans la sous-région. Avec le soutien stratégique de la BID, le Cameroun se dote des moyens pour construire un avenir où chaque kilomètre de route devient un vecteur de progrès et de prospérité.
Armel Mempouala

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