Douala, Cameroun
Climat Réchauffement climatique

LA COP29 DE BAKOU : UN ACCORD AU GOUT AMER POUR LE CLIMAT

Dans les couloirs feutrés du centre de conférence de Bakou, l’horloge marquait les dernières heures d’une nuit qui restera gravée dans l’histoire climatique mondiale. Au terme de deux semaines de négociations acharnées, la COP29 s’est conclue ce dimanche 24 novembre sur un accord qui laisse un goût amer à de nombreux participants. Au cœur des débats : un objectif de financement de 300 milliards de dollars par an d’ici 2035 pour les pays en développement, un chiffre qui cristallise les tensions entre nations riches et pauvres.

« Nous exigeons la justice climatique. Ce n’est pas de la charité. C’est une obligation morale« , a tonné le représentant du Pakistan lors de la séance plénière finale, sa voix portant le poids des récentes catastrophes climatiques qui ont dévasté son pays. Une intervention qui illustre le fossé grandissant entre les attentes des pays vulnérables et les engagements des nations industrialisées.

L’accord, qualifié de « désastre » par certaines ONG et de « compromis acceptable » par d’autres, révèle les profondes fractures qui persistent dans la gouvernance climatique mondiale. Le montant fixé, bien qu’important, reste très en deçà des besoins réels estimés par la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC). Un constat que partage António Guterres, secrétaire général de l’ONU, qui admet avoir « espéré un résultat plus ambitieux ».

Dans ce paysage contrasté, quelques lueurs d’espoir émergent néanmoins. Les marchés carbone, longtemps source de controverses, ont franchi une étape décisive avec l’adoption de modalités opérationnelles concrètes. « De quoi apporter des crédits carbones à des pays qui aujourd’hui n’ont pas accès à des marchés de capitaux matures« , souligne Agnès Pannier-Runacher, ministre française de la Transition écologique.

Mais l’ombre des tensions géopolitiques plane sur ces avancées. Comme le fait remarquer le politologue François Gemenne, « dans le contexte actuel, avec deux guerres, un Trump élu aux États-Unis et un Milei qui retire ses délégués argentins, ce n’est pas si mal« . Une analyse qui souligne la fragilité des accords climatiques face aux soubresauts de la politique internationale.

Les regards se tournent désormais vers Belém, au Brésil, qui accueillera la COP30. Les défis y seront nombreux, notamment concernant la révision des Contributions déterminées au niveau national (CDN). « Nous sommes encore loin de la cible« , prévient Simon Stiell, secrétaire général de la CCNUCC, appelant à une accélération rapide du développement des énergies renouvelables et à l’abandon des combustibles fossiles.

Au final, la COP29 de Bakou restera comme un moment charnière, où les promesses de financement se sont heurtées aux réalités économiques et politiques mondiales. Une conférence qui rappelle que la lutte contre le changement climatique n’est pas qu’une question de chiffres, mais aussi et surtout de volonté politique et de justice sociale.

Felix yetoh

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