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EXTREME-NORD  DU CAMEROUN : LA RUEE VERS L’OR FONCIER

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À l’entrée de Maroua, le paysage dévoile une terre aride et érodée. Pourtant, ces sols appelés Hardé ou Karal sont très convoités pour leur fertilité propice au mil et au sorgho. « Depuis les années 1980, les terroirs de la région suscitent les convoitises pour l’agriculture », explique le géographe Bernard Gonné.

la rareté des sols agricoles dans l ‘extrême nord du Cameroun

En septembre, débute la course effrénée pour le foncier. « C’est le mois du marché de la terre », confie un proche du lamido. Les élites locales rachètent les parcelles, tandis que les chefs coutumiers interdisent certaines ventes. Il en résulte des tensions entre familles, attisées par la pression démographique.

Le géomètre Garba Aoudou décrit un « marché théâtralisé » : « Les ventes définitives sont remises en cause après la mort du vendeur ». Cette valse des terres nourrit les conflits, notamment devant les tribunaux traditionnels.

Plusieurs facteurs expliquent cette fièvre foncière. L’émancipation des jeunes cultivateurs, l’accaparement des terres pour le coton, le changement climatique… « La croissance démographique est souvent considérée comme le premier facteur« , note une source judiciaire.

L’or foncier de l’Extrême-Nord attise les convoitises et fragilise un équilibre social déjà éprouvé par Boko Haram. Face à cette ruée, l’État peine à réguler l’accès à la terre. Entre filière traditionnelle et administrative, le foncier demeure une épine dorsale dans cette région stratégique.

Jean-René Meva’a Amougou

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