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DES INITIATIVES REVOLUTIONNAIRES POUR GERER LES DECHETS EN AFRIQUE

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Le 27 avril 2017, la plateforme Africaine des villes propres (ACCP) a été portée sous des fonts baptismaux collaboratifs à Maputo, capitale du Mozambique, grâce à une initiative du gouvernement japonais. Cette initiative, qui compte la participation de 24 pays africains, ainsi que de l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA), du ministère de l’Environnement du Japon (MEJ), du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), du Programme des Nations unies pour les établissements humains (ONU-Habitat) et de la ville de Yokohama, vise à promouvoir les objectifs de Développement Durable (ODD) et à favoriser le partage des connaissances sur la gestion des déchets en Afrique, notamment pour le développement de villes propres et saines.

La nécessité de cette initiative devient évidente lorsque l’on examine les résultats alarmants d’un rapport publié en septembre 2018 par la Banque Mondiale. Intitulé « Déchets : quel gâchis 2.0 : un état des lieux actualisé des enjeux de la gestion des ordures ménagères », le rapport met en évidence le manque d’infrastructures adéquates dans de nombreux pays en développement pour faire face à l’évolution de la composition des déchets ménagers. Les villes, qui abritent plus de la moitié de la population mondiale et génèrent plus de 80% du PIB mondial, doivent faire face à cette réalité et prendre des mesures pour une gestion plus efficace des déchets.

Alors que les pays occidentaux ont mis en place des cadres législatifs, signé des traités internationaux et adopté des politiques environnementales au fil des décennies, l’Afrique, bien qu’en retard, a décidé de suivre cette voie.

Selon le même rapport, l’une des conséquences immédiates de la croissance démographique de l’Afrique est l’augmentation exponentielle du volume de déchets solides, principalement dus aux nouveaux modes de consommation, qui pourrait être multiplié par trois d’ici 2050, contribuant ainsi à 35% du total mondial, aux côtés de l’Asie du Sud-Est.

l ‘urgence d’une nouvelle approche

Parmi les déchets solides qui s’accumulent dans les rues des villes africaines depuis des décennies, on trouve des bouteilles de soda, des bouteilles d’eau, des boîtes de conserves et divers emballages plastiques, y compris des déchets toxiques. Il est clair que la gestion des déchets va au-delà de la simple collecte.

Moins de dix ans après leur indépendance, de nombreux États africains ont été confrontés à la problématique de l’assainissement urbain et ont pris des mesures pour relever le défi environnemental. Ces États ont investi massivement, adopté de nouvelles pratiques et mis en place une réglementation pour assurer une gestion durable des déchets.

Parmi les pays exemplaires, on peut citer le Maroc, l’Éthiopie, le Rwanda et l’Afrique du Sud. Ces pays ont adopté des approches innovantes dans la valorisation des déchets, soutenues par des investissements colossaux et la création de chaînes de valeur efficaces.

Au Maroc, par exemple, une approche institutionnelle progressive a été choisie, avec des réformes réglementaires et fiscales visant à stimuler la gestion des déchets. Des filières de valorisation ont été développées, notamment pour les batteries, les pneus, les huiles usagées, le papier, le plastique agricole, les déchets électroniques et la construction.

L’Éthiopie a adopté une approche révolutionnaire en matière de valorisation énergétique. La ville d’Addis-Abeba dispose désormais d’une usine d’incinération qui transforme une partie des déchets en électricité, fournissant ainsi de l’énergie à plus de 3 millions de personnes. Les déchets non recyclables sont quant à eux enfouis.

Au Rwanda, on trouve le premier projet de traitement des déchets électroniques en Afrique, qui recycle 15 types d’appareils électroniques et électriques, créant ainsi des emplois et une économie circulaire dans les 30 districts du pays.

Enfin, l’Afrique du Sud innove dans la valorisation des déchets plastiques, avec la construction d’une route de 1,7 km à partir de matériaux recyclés en plastique. Cette expérimentation réduit les coûts de production et a le potentiel de transformer l’industrie des infrastructures routières du pays.

 construction d’une route à partir des déchets plastiques recyclés en Afrique du Sud

Ces initiatives sont des exemples éclairants du potentiel de l’Afrique pour relever le défi de la gestion des déchets et devenir un leader mondial en matière d’économie circulaire. La création d’emplois verts, la réduction des coûts de production, la diminution des importations de matières premières et la maîtrise des impacts environnementaux sont autant d’opportunités à saisir dans cette transition.

Il est encourageant de constater que de nombreux autres pays africains suivent l’exemple des pionniers et mettent en place des projets similaires de recyclage et de valorisation des déchets, adaptés à leurs impératifs de développement. En travaillant ensemble, ils travaillent à l’atteinte des objectifs du Programme de développement durable à l’horizon 2035.

L’avenir de l’Afrique en matière de gestion des déchets semble prometteur. Grâce à ces initiatives novatrices, le continent est en passe de devenir un modèle mondial dans la recherche de solutions durables pour créer des villes propres et saines tout en contribuant à la préservation de l’environnement mondial.

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