Douala, Cameroun
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Climat sous pression : comment Greenpeace défie l’inaction au Cameroun

Alors que les catastrophes naturelles deviennent le nouveau rythme des saisons au Cameroun, Greenpeace Afrique se dresse comme l’une des rares voix à ne pas se contenter de constater les dégâts. Dans un pays où les glissements de terrain dévastent les collines et où les inondations noient chaque année les espoirs de milliers de familles, l’ONG tire la sonnette d’alarme, interpelle, mobilise, et propose. Car face à l’urgence climatique, le silence devient une complicité.

Sur le front juridique, Greenpeace mène une veille scrupuleuse. Il ne s’agit pas seulement de dénoncer, mais de comprendre si l’État respecte ses propres engagements. Quand l’Observatoire national sur les changements climatiques (ONACC) publie une alerte, Greenpeace veut savoir : qu’a-t-on fait de cette information ? Les municipalités ont-elles agi ? Les directives ont-elles été suivies ou ignorées ? Ce suivi méthodique des politiques publiques vise à assurer que chaque acteur institutionnel tienne son rôle dans l’engrenage de la prévention.

Mais la riposte ne se limite pas à l’analyse des textes. Quand la terre tremble ou que l’eau déborde, Greenpeace est là, sur le terrain, aux côtés des sinistrés. Dans les quartiers meurtris de Dschang ou les plaines submergées de l’Extrême-Nord, l’organisation écoute, sensibilise, documente. À la différence des discours officiels souvent trop tardifs, Greenpeace agit à chaud pour éclairer les failles du système et prévenir leur répétition. Loin d’une posture de spectateur, l’ONG se positionne comme sentinelle et relais des voix oubliées.

GREENPEACE FORME LES MEMBRES DE LA SOCIETE CIVILE AU CAMEROUN

Face aux catastrophes, Greenpeace adopte une stratégie en trois temps. D’abord la prévention : elle ne se limite pas à prédire, mais exige des actes, des budgets, des infrastructures pensées pour le climat de demain, et non celui d’hier. Ensuite, la gestion immédiate des crises : protéger les vies, sécuriser les zones à risques, anticiper les répliques. Enfin, la résilience : reconstruire intelligemment, avec des matériaux et des plans capables de résister à la prochaine alerte, car elle viendra. L’échec cuisant de la deuxième coulée meurtrière à Dschang, pourtant évitable, illustre l’incurie persistante.

Et quand l’administration semble figée, Greenpeace prend position. En février 2025, l’ONG a demandé l’annulation du décret créant le parc de Mbed Mbed. Derrière cette bataille, une conviction : une décision vieille de deux décennies ne peut ignorer l’évolution démographique, les dynamiques migratoires et les besoins actuels des populations riveraines. La justice climatique ne peut exister sans justice sociale et territoriale.

Dans cette logique, Greenpeace élève un autre combat fondamental : la défense du couvert forestier. Car les arbres ne sont pas des symboles, mais des boucliers. Chaque hectare de forêt rasé affaiblit la capacité du sol à absorber les pluies, augmente le ruissellement et fragilise les zones urbaines. Protéger les forêts, ce n’est pas un luxe écologique, c’est une assurance-vie pour les générations futures.

Quand greenpeace pousse le ministre de l ‘environnement du cameroun à descendre sur le terrain

Mais comment résister au changement climatique sans infrastructures solides ? Là encore, Greenpeace pointe une incohérence. Chaque année, les digues cèdent, les ponts s’effondrent, les routes deviennent impraticables. Pourtant, les mêmes erreurs se répètent, comme si la mémoire de l’eau ne laissait aucune trace sur les plans des ingénieurs. À l’Extrême-Nord, les constructions ne tiennent pas face aux pluies torrentielles, preuve que la résilience ne s’improvise pas. Il faut construire pour durer, penser pour anticiper.

En 2025, Greenpeace ne relâchera pas la pression. Trois axes guideront ses actions : renforcer le plaidoyer pour la reconnaissance des peuples autochtones, accélérer les projets de résilience comme le reboisement, et surtout, ouvrir l’accès direct des communautés au financement climatique. Car trop souvent, les fonds sont captés par les gouvernements ou les grandes entreprises, tandis que les populations, premières victimes, restent exclues des décisions et des moyens.

Dans un monde où les pollueurs d’hier esquivent encore leurs responsabilités, Greenpeace martèle une vérité dérangeante : ceux qui ont causé la crise doivent en payer le prix. Mais les pays comme le Cameroun ont aussi un devoir : protéger ce qui peut encore l’être, et transformer la douleur en force d’action. Car si l’inaction tue, chaque geste juste devient une victoire contre l’effondrement.

Mireille Tchoumnou

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